L’open source, un catalyseur d’innovation dans le secteur financier

securite informatique 16 Nov

L’ouverture constante de l’industrie financière sur la technologie open source n’est pas seulement motivée par le prix d’achat des licences. Elle trouve aussi sa motivation dans le besoin d’améliorer et de rationaliser la gestion de centaines de systèmes différents et disparates que les institutions financières utilisent au quotidien dans leurs différents services. Eclairage.

L’open source offre un réel avantage concurrentiel

Explorer, innover et réduire le coût global de gestion des vastes structures informatiques… l’open source permet au secteur de la finance de rester dynamique dans un contexte ultra-concurrentiel. Les solutions open source constituent également le moyen le plus rapide et le plus efficace de transformer les idées en systèmes opérationnels sécurisés. Du langage Java, en passe d’être confié à une fondation open source, Node. js et Python, aux architectures basées sur Linux, Docker et Kubernetes, en passant par les solutions GitHub, Puppet, Chef, Apache Maven et Jenkins, les institutions financières peuvent désormais réduire considérablement le coût et la complexité du processus de recrutement, de formation, etc. Lorsqu’on sait qu’elles exécutent des milliers d’applications simultanément et embauchent des dizaines de milliers de collaborateurs offshores pour les gérer, ce facteur à lui seul est en mesure de compenser les coûts de licence.

L’open source garantit plus de sécurité…

Ce qu’on appelle dans le jargon boursier un « fat finger » ou gros doigt, qui se traduit par une erreur de trader dans le passage d’un ordre, coûte chaque année des sommes faramineuses aux places financières. Les exemples sont légion. En 2014, un trader japonais a failli faire perdre à Toyota 617 Mrds $ en revendant par erreur plus de 2 milliards de dollars de ses actions, soit 57% des titres du géant japonais. Il a suscité au passage une grande panique à la bourse de Tokyo. Heureusement, les ordres avaient été passés de gré à gré (de vendeurs à acheteurs), ce qui a permis l’annulation rapide des actions. Goldman Sachs a doté ses 700 développeurs d’un système de gestion de données qui permet de détecter très rapidement les erreurs humaines pour les éliminer. La banque d’investissement déploie cette plateforme open source baptisée Elasticsearch dans un certain nombre d’autres services. Outre la détection d’anomalies et d’erreurs humaines, elle assure le suivi des transactions et l’analyse des demandes de contrats, entre autres.

…et plus de transparence

La DSP2 (Directive sur les services de paiement n°2) assigne aux banques européennes l’objectif de garantir à leurs clients l’accès à l’ensemble des données personnelles. Ces institutions financières doivent notamment garantir une transparence totale quant à leurs infrastructures de paiement. Les gouvernements des différents pays de l’UE ont jusqu’au 13 janvier 2018 pour appliquer les dispositions contenues dans cette législation. Le Groupe financier autrichien Erste Group Bank (EGB) est pionnier en la matière grâce aux technologies open source qu’il utilise pour offrir aux clients un accès transparent aux données. Lancée en 2015, la solution baptisée « George » regroupe toutes les activités d’un client d’EGB afin d’offrir à celui-ci un accès complet aux données le concernant. George permet en outre d’analyser et de visualiser la manière dont les dépenses sont réparties pour les intégrer ensuite en ligne sur le compte courant d’un utilisateur. Il peut également estimer les dépenses en se basant sur l’historique antérieur et aider les utilisateurs à ajuster leurs dépenses excédentaires dans certains secteurs. Cette solution est utilisée aujourd’hui par plus d’un million de personnes, faisant d’EGB une plate-forme bancaire numérique, en parfaite conformité avec PSD2.

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