L’Unesco, partenaire de l’Inria autour de Software Heritage

Partenariat UNESCO et INRIA 20 Avr

L’Unesco et l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) ont signé, début avril, un partenariat autour de la plateforme française Software Heritage qui ambitionne depuis son lancement en juin 2016 de réunir, recenser et conserver les codes sources de tous les logiciels existants sur Internet. Le logiciel libre est ainsi inscrit par l’organisation onusienne comme patrimoine immatériel de l’humanité. Focus…

Microsoft et le gouvernement français se joignent également au projet

Pour convaincre l’Unesco du bien-fondé de ce projet open source français, Roberto Di Cosmo, créateur de l’archive universelle du logiciel Software Heritage a dû rassembler et archiver pas moins de trois milliards de codes sources et quelque 58 millions de projets de logiciels avec l’aide son équipe et l’appui de l’Inria. En se joignant à ce projet monumental, l’Unesco lui confère une autre dimension, puisque l’organisation reconnaît au logiciel libre sa valeur de patrimoine de l’humanité qui mérite donc d’être conservé pour les générations futures. Di Cosmo estime que la mission de Software Heritage ne se limite pas à la récupération et à l’archivage des codes sources. Elle s’étend à leur organisation de manière à ce que chacun puisse les retrouver facilement, comme ce que ferait un bibliothécaire avec ses livres. La plateforme s’inspire des principes du logiciel libre puisqu’elle est ouverte aux participations et contributions de tous. En plus du gouvernement français, de nombreuses entreprises internationales se sont jointes à cette aventure. On citera notamment Microsoft, Intel, la Société Générale et Huawei.

Entre 3 et 4 ans pour archiver tous les logiciels existants

Software Heritage souhaite s’adresser à quatre types de publics : les entreprises, les scientifiques, les conservateurs de patrimoine et les professeurs/élèves. Selon Roberto di Cosmo, ce projet se déroulera en deux étapes. Dans un premier temps, il faudra compter entre 3 et 4 ans pour conserver l’ensemble des logiciels qui existent actuellement sur Internet et persuader les hébergeurs des codes sources qui feront leur apparition de l’intérêt de les archiver par Software Heritage. Le budget nécessaire à la réalisation de cette première étape est estimé à 30 millions d’euros. Ensuite, d’ici 5 à 10 ans, il sera question d’organiser toutes ces données pour pouvoir les mettre à la disposition des développeurs et du grand public. Une étape qui nécessitera entre 20 et 30 millions d’euros.